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22/07/2012

L'héritage du "Grand siècle des âmes"

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Un Prêtre catéchisant des jeunes filles, Pierre Antoine Baudouin (1763)

 

« On exalte souvent la foi du Moyen Age. Les français des 17e et 18e siècles n’ont peut-être pas connu cette foi qui transporte les montagnes, mais ils ont eu une vie chrétienne extraordinaire, une vie chrétienne d’une intensité telle qu’aucune autre période de l’histoire n’en avait connu de semblable… Or, il ne s’agit pas seulement du 17e siècle connu depuis toujours pour avoir été "le grand siècle des âmes". Il s’agit aussi du 18e. Nous disons bien que cette époque privilégiée de la vie chrétienne couvre deux siècles et le 18e autant que le 17e siècle. Voici donc le siècle de Pascal associé à celui de Voltaire. On s’en étonnera. N’avait-on pas l’habitude de les dresser l’un contre l’autre et d’opposer la religion du premier à l’irréligion du second. Mais c’était là le point de vue d’historiens de la pensée et de ceux de l’opinion publique. L’historien de la vie chrétienne voit différemment. Il voit que l’irréligion du Siècle des Lumières n’affecte qu’un petit nombre, que la grande masse du peuple vit chrétiennement et que, si la réussite de la vie chrétienne s’amorce au 17e siècle, le 18e la réalise et la confirme. »

 

(J. de Viguerie, Le catholicisme des français dans l’ancienne France, Paris, Nel, 1988, pp.9-10)

 

 

"J'aime à porter mes pas dans l'asile des morts"

 

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« J'aime à porter mes pas dans l'asile des morts.
Là, mourant au mensonge, il me faut moins d'efforts
Pour comprendre leur langue et saisir leur pensée,
Car les morts ne l'ont pas, cette idée insensée,
Que tout s'éteint dans l'homme. En eux, tout est vivant.
Pour eux, plus de silence. Auprès d'eux l'on entend
Les sanglots du pécheur ; les fureurs de l'impie;
Les cantiques du sage ; et la douce harmonie
De ceux dont l'amitié, le zèle et la vertu
N'ont formé qu'un seul cœur pendant qu'ils ont vécu.


Homme, c'est ici-bas qu'il a pris la naissance,
Ce néant où l'on veut condamner ton essence ;
Et c'est ta propre erreur qui lui sert de soutien.
Tu sais tout ! Tu peux tout ! Et tu peux n'être rien !....
N'être rien ! .... et saisir et juger la lumière ! ....
Laisse à l'homme égaré ces rêves de la terre :
Nous n'étions qu'assoupis dans nos corps ténébreux.
Quand le temps nous arrache à leurs débris fangeux,
L'heure qui nous réveille est une heure éternelle. »

Louis-Claude de Saint-Martin, Le cimetière d’Amboise, (1801), extraits.

Texte complet sur le site de la Bnf (édition Chacornac, Paris, 1913) :

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2046837.image.r=louis-claude+de+saint-martin.f1.langFR