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12/09/2012

"Martinès de Pasqually et la doctrine de la réintégration" (compte-rendu)

De la Création à l’anéantissement du composé matériel : à propos d’une étude de Jean-Marc Vivenza (1/3)

Pensez donc à la mort.jpg

 

Jean-Marc Vivenza publie le troisième volet [1] d’une vaste étude sur la conception de la matière chez les maîtres de l’illuminisme du XVIIIème siècle [2], soulignant ainsi la parfaite identité de vue, en ces domaines, entre Martinès de Pasqually (+1774), Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) et Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803). Question cruciale, s’il en est, puisque, comme nous l’indiquions précédemment, elle trace les conditions ontologiques du rétablissement de l’être en ses prérogatives célestes – « car de la nature de la Création dépend en effet la perspective et les modalités futures du Salut pour l’homme » – 

Chez le théurge bordelais, différant en cela des Pères de l’Eglise, mais emprunt des conceptions néo-platoniciennes d’Origène (185-253), la Création  n’est pas « un don, ensuite abîmé par le pêché originel », mais une nécessaire réponse au drame céleste des prévarications démoniaque et adamique, et la Réintégration en l’Unité, ne s’opère que par la dissolution et l’anéantissement du composé matériel, et la « destination purement spirituelle des formes » :

« Si ce monde, indique l’auteur, fut l’affreuse prison temporelle du mineur, le lieu obscur de son enfermement en une enveloppe ténébreuse, un lieu sinistre d’exil où il endura une rigoureuse privation spirituelle, puisque Adam, piétinant tous les principes sacrés et trahissant Dieu de manière scandaleuse, prévarica en effectuant une opération de création de matière impure, alors la dissolution, l’anéantissement de ce monde ténébreux sera un événement heureux, une authentique « bénédiction » comme le souligna Saint-Martin dans son Traité des bénédictions, puisqu’elle correspondra au retour des âmes à l’Unité, à leur principe originel, à la réintégration des êtres dans leur première propriété, vertu et puissance spirituelle divine. »

A juste titre, sont distinguées les conceptions patristiques (pensant le christianisme comme une « métaphysique de la charité », et la création comme une grâce), de la pensée de Martinès (postulant une métaphysique « de la nécessité, de l’éloignement et de la corruption de l’Unité »).

Cette distinction assumée, nous y reviendrons, engage évidemment une certaine économie de la Réintégration. Tout comme elle engage, et intéressera à tous égards, la doctrine martiniste, et l’ensemble de l’héritage illuministe car, est-il précisé en préambule, Martinès fut « à la base des écrits et des enseignements de Louis-Claude de Saint-Martin », et « inspira l’édification du système maçonnique connu sous le nom de Régime Ecossais Rectifié, que réalisa Jean-Baptiste Willermoz lors du Convent des Gaules en 1778, et du Convent de Wilhelmsbad en 1782. »



[2] On lira également avec profit le compte-rendu publié par nos amis du « Crocodile » : http://lecrocodiledesaintmartin.wordpress.com/2012/09/09/...

 

 

 

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