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19/10/2012

Aristide Ahouandjinou (Aniel), Supérieur Inconnu - Grand Initiateur

« Il faut nous préparer, à chaque instant de nos vies, à gravir l’échelle de perfection. » (Aristide Ahouandjinou)

2672180915.jpgNous reproduisons ici le récent hommage, rendu à Aristide Ahouandjinou (1926-2009), personnage majeur du martinisme contemporain, si emblématique de la figure angélique d’Aniel - qui en était la référence tutélaire - et dont les bénéfices continuent de se répandre, aujourd’hui encore, chez ceux qui, parmi les hommes de désir, en ont reçu la charge peu commune d’en assurer la transmission.

Notre regretté Frère Aristide Ahouandjinou, que nous chérissions et regardions comme un authentique sage et un maître authentique,  était né  à Covè en Janvier 1926. Marié, père de 6 enfants, il fit ses études primaires, de 1934 à 1942, à Abomey, l'ancienne et célèbre capitale du grand royaume du Dahomey [1], où il obtiendra son certificat d’études primaires élémentaires. De  1943 à 1946, il se forma à la carrière d’enseignant à l’Ecole Normale de Darbou en Côte d’Ivoire, carrière à laquelle il souhaitait se destiner. Dès 1946, il commencera sa vie professionnelle d’instituteur , métier qu’il exerça avec un investissement et une foi véritable, ce qui lui vaudra d’être nommé, par la suite, directeur d’établissement scolaire.

Par delà cette activité professionnelle éducative et pédagogique qu’il exercera avec grand cœur et une immense générosité, il fut nommé, remarqué par ses dons et son sens aigu de l’analyse, en 1961, sous-préfet adjoint de Zangnanado, puis fut appelé à une tâche de choix et d’excellence, puisque désigné comme Directeur de Cabinet de feu le 1er Président du Dahomey, Monsieur Sourou Migan Apithy.

Du point de vue initiatique, domaine où il s’investira avec constant enthousiasme et une conviction jamais démentie, la vie de notre Frère Aristide sera non moins intense et riche. Initié le 14 avril 1968 à la Respectable Loge « La Solidarité » à l’Orient de Cotonou, il est, le 23 février 1971, reçu Compagnon par cette même Loge, puis, le 27 juin 1972, élevé comme Maître Maçon au sein de la Respectable Loge « La Justice ».

Membre fondateur de plusieurs loges qui bénéficièrent de ses précieuses lumières et de son savoir, il faut souligner, et surtout insister sur ce qui deviendra l’un des éléments principaux de sa vie initiatique et spirituelle, soit son investissement à l’intérieur de la voie Martiniste, telle que définie et tracée par Louis-Claude de Saint-Martin, le Philosophe Inconnu, puis réveillée en 1887 par  le Dr Gérard Encausse, plus connu sous le nom de Papus (1865-1916).

Il entre comme Associé dans l’Ordre martiniste à Abidjan en 1960, et fut reçu Supérieur Inconnu en 1962, puis Supérieur Inconnu Initiateur en 1963. Il choisira comme nomen, c’est-à-dire comme non initiatique Martiniste, celui d’Aniel [2], nom angélique hautement significatif, puisque le 37e dans la liste des 72 anges de l’angélologie traditionnelle , celui qui, du choeur des « Puissances », s'incarne dans notre monde visible en symbolisant le courage et l'inspiration d'origine divine afin d’aider à l'étude des lois de l'univers, et accorde à celui qui l’invoque la connaissance des secrets de la nature tout en lui conférant une force morale qui se révèle surtout dans l'action, s’imposant par sa dignité et une maîtrise de lui-même et des situations qui suscitent un immédiat respect.

A ce titre, et de façon incontestable, il est évident que notre Frère Aristide, par sa sagesse, sa prudence, sa docte science, correspondra de façon étonnante aux qualités propres qui étaient celles de l’Ange tutélaire dont il portait magnifiquement le nom, et dont tous ceux qui eurent la chance et le bonheur de le côtoyer peuvent témoigner unanimement.

Après un intense et fructueux parcours Martiniste, il fut solennellement consacré, selon les usages vénérables, le 28 février 1973, Supérieur Inconnu Grand Initiateur (S.I.+G.I.), dans l’Ordre Martiniste de Philippe Encausse (1906-1984), fils de Papus, ultime et dernier degré de cette voie cardiaque et intérieure, faite de silence, d’humilité et de prière. Placé, par Philippe Encausse, le 18 juillet 1976, comme membre d’Honneur du Suprême Conseil Martiniste, aux côtés de Serge Hutin, d’Emilio Lorenzo, Charles Pidoux, Jean Servier et Robert Amadou, il sera de plus institué, insigne distinction, Grand Maître du Martinisme pour l’Afrique de l’Ouest.

Par ailleurs Réaux Croix de l’Ordre des Chevaliers Maçon élus coëns de l’Univers, Ivan Mosca l’ayant admis en septembre 2001 à Licenza près Rome dans ses circonférences, il était également membre du Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté de l’Afrique de l’Ouest.

Nous conserverons de notre Frère Aristide Ahouandjinou, à titre personnel, la mémoire d’un homme d’une immense bonté naturelle, d’une gentillesse touchante, d’une grande douceur  ; d’un être doté d’une qualité d’écoute rare et quasi inépuisable, ainsi capable d’entendre, et partager pendant des heures, dans le secret le plus sensible des cœurs - reprenant comme lui seul savait le faire les fins de phrases de ses interlocuteur pour leur conférer un sens non entrevu - des trésors spirituels difficilement exprimables car relevant de l’ineffable essence des choses subtiles.

L’âme constamment tournée vers le Ciel, Aristide, en disciple de Saint-Martin, Maître Vénéré qu’il chérissait d’un amour sans égal, avait déjà établi, et ce depuis de longues années, son séjour dans l’invisible, lieu qui était devenu sa résidence habituelle et l’objet de tous ses espoirs en ce monde.

Aristide avait fait de « l’Echelle de Jacob » un référent initiatique, la base de ses méditations et de ses réflexions spirituelles. Il pensait souvent, en se référant à l’Echelle du Patriarche biblique, au mystère de la remontée de l’âme vers le Ciel, se dégageant des vapeurs de la matière, persuadé que tous nous attendait l’ultime remontée vers la région céleste et qu’il fallait, à chaque instant de nos vies, nous préparer à gravir le chemin de perfection.

Nous oserions dire de notre Frère, qui portait le prénom traditionnel emblématique de "SOMAKOU" - c'est-à-dire "le Rocher ne meurt pas", et le nomen initiatique d’ANIEL, qu’il « conversait naturellement avec les Anges », plus que jamais conscient au cours de son existence que la Parole de Dieu est portée par les esprits angéliques [3], et qu’il importe, dès lors, pour chaque homme de désir, d’être constamment à l’écoute de la Parole Divine dans l’exercice, fondamental s’il en est, de la prière et de la perpétuelle louange du Nom du Divin Réparateur le Messie YHSWH.   

« Nous n'avons autre chose à faire que de ne pas mettre obstacle aux progrès  et aux approches de l'Esprit sur nous. » (Louis-Claude de Saint-Martin, Leçon de Lyon n°96, 10 avril 1776)

Zacharie +  

Notes

1. De 1625 à 1900, douze rois se succédèrent à la tête du puissant royaume d'Abomey. A l'exception du roi Akaba, qui utilisa un enclos distinct, chacun fit édifier son palais à l'intérieur d'un enclos entouré de murs de pisé tout en conservant certaines caractéristiques de l'architecture des palais précédents dans l'organisation de l'espace et le choix des matériaux. Les palais d'Abomey fournissent un témoignage exceptionnel sur un royaume disparu.

2. Aniel est un nom angéliquecomposé à l’aide des lettres Aleph Noun Yod. Le Aleph provient de (Exode XIV, 19) : « L'ange de Dieu, qui allait devant le camp d'Israël, partit et alla derrière eux ». Le Noun provient de (Exode XIV, 20) : « Cette nuée était ténébreuse d'un côté, et de l'autre elle éclairait la nuit ». Le Yod provient de (Exode XIV, 21) : « Et l'Éternel refoula la mer par un vent d'orient ». Rappelons d’autre part que l’Angéologie traditionnelle et les Noms des 72 Anges qui en sont issus, proviennent d’un extrait de l’Exode (XIV, 19-21), qui décrit la traversée de la Mer Rouge avant la réception par Moïse des 10 Commandements. Ces trois versets de l’Exode, sont composés chacun de soixante douze lettres qui, prisent en associant chaque lettre du premier verset à une lettre des deux autres versets, nous donnent les noms des soixante-douze Anges. Certes, le nombre réel des anges est de loin bien supérieur à 72, car leur nombre est infini, mais on retiendra que chacun de 72 anges représente des manifestations divines qui furent classées ensuite en Ordres hiérarchiques par les Pères de l’Eglise :

SERAPHINS

CHERUBINS

TRONES

DOMINATIONS

PUISSANCES

VERTUS

PRINCIPAUTES

ARCHANGES

ANGES

3. N’oublions pas que les Anges, intimement attachés à Dieu, furent les premiers esprits crées lors du premier jour de la Genèse, et qu’ils entretiennent donc une relation extrêmement étroite avec l’Eternel. En effet, du latin angelus, transcription du grec aggelos (messager), « Ange » traduit l’hébreu maleak qui signifie (« messager » [de Dieu]). De ce fait, le nom des Anges n’est pas un nom naturel mais un nom surnaturel, un nom correspondant à une fonction au sein de la cour céleste, les Anges étant en premier lieu, comme le dira saint Augustin : « des esprits destinés à servir, envoyés en mission pour le bien de ceux qui doivent hériter du salut », rajoutant : « les anges sont des esprits, mais ce n’est pas parce qu’ils sont des esprits qu’ils sont des anges. Ils deviennent des anges quand ils sont envoyés en mission. En effet, le nom d’ange fait référence à leur fonction et non à leur nature. Si vous voulez savoir le nom de leur nature, ce sont des esprits ; si vous voulez savoir le nom de leur fonction, ce sont des anges, ce qui signifie messager. » (S. Augustin, La Cité de Dieu, liv. X, le culte de lâtrie).

 

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