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24/10/2012

Le "signe" de notre réconciliation n’est pas à chercher obscurément et désespérément derrière les fumées de cérémonies à l’origine douteuse.

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« Quelle est donc la conséquence concrète de cette « réconciliation » obtenue à la Croix par le Christ qui s’offrit en sacrifice comme offrande pour nous libérer du péché de notre premier père selon la chair d’Adam ? La réponse est simple : nous permettre d’entrer dans le Sanctuaire, nous faire passer à travers le voile qui est, concrètement, la chair du Divin Réparateur, afin de nous unir à lui en sainteté : « Car par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés. C’est ce que le Saint-Esprit nous atteste également. (…) Or, là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché. Ainsi donc, frères, nous avons l’assurance d’un libre accès dans le Sanctuaire par le sang de Jésus, accès que Jésus a inauguré pour nous comme un chemin nouveau et vivant au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair ; et nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu. Approchons-nous donc d’un cœur, avec une foi pleine et entière, le cœur purifié d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’une eau pure. » (Hébreux X, 14-22).

Que peut donc bien signifier la recherche d’une réconciliation telle que proposée au sein des élus coëns par les pratiques de théurgie magique, alors que la réconciliation a déjà été « opérée » par le Christ sur la Croix ?

La réponse est évidente, et s’impose d’elle-même : cela n’a strictement aucun sens !

 

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Photo tirée du film Le martinisme, des origines à nos jours, de Laurent Germain Maury, Mercure production, sur www.martiniste.org

Aujourd’hui, il s’agit bien plutôt, pour les âmes de désir depuis l’événement du Golgotha, de vivre de la vie divine en sachant que la réconciliation est une chose qu’elles détiennent par le sang de Jésus-Christ : « Lorsque nous étions encore pêcheurs, Christ est mort pour nous. A bien plus forte raison, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à bien plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. Plus encore, nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ par qui maintenant nous avons obtenu la réconciliation. » (Romains V, 8-11).

Insistons sur le fait qu’il n’était pas possible aux hommes, au cours des âges antécédents, de se réconcilier par eux-mêmes avec Dieu, ils en étaient incapables à cause de leur déchéance et de leurs crimes : les sacrifices de l’ancienne loi ne pouvaient donc être efficaces afin de les laver du péché. Le Christ a, pour cette raison, réconcilié l’humanité entière en accomplissant ce qui ne pouvait être obtenu par personne, par aucun offrande « car il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés » (Hébreux X, 4). L’œuvre de réconciliation est de ce fait totalement accomplie, c’est une chose achevée pleinement : « Nous avons maintenant reçu la réconciliation » (Romains V, 11), et si elle est accomplie en plénitude, cela signifie qu’elle est accomplie non pour les hommes seulement, mais pour toutes choses créées : « en lui, toute la plénitude s’est plu à habiter, et par lui, à réconcilier toutes choses avec elle-même » (Colossiens I, 19-20).

La réconciliation possède à ce titre une immense portée, englobant dans son action « les choses qui sont sur la terre » et celles « qui sont dans les cieux », les choses visibles et invisibles. La réconciliation accomplie peut donc être qualifiée, à juste titre, « d’universelle ».

Et cette « réconciliation universelle », qui est tout à la fois un don parfait et une œuvre accomplie, est également un ministère, un ministère de réconciliaton qui a pour fonction d’annoncer l’œuvre réalisée par le Christ qui a libéré les hommes des prescriptions de l’ancienne alliance : « Tout cela est l’ouvre de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et qui nous a confié le ministère de la réconciliation. En effet, Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même, sans tenir compte de leurs fautes, et il a fait de nous les dépositaires du message de réconciliation. » (II Corinthiens V, 18-19).

Ainsi, soutenir que l’homme qui a foi en Jésus-Christ, après le sacrifice de la Croix, serait toujours dans une position d’être déchu, frappé par la condamnation du péché s’il ne se livrait pas à l’exercice de pratiques magiques ou théurgiques, en sous-entendant qu’il est encore contraint  de coopérer à sa rédemption par ses propres industries individuelles, est une hérésie, c’est du pur pélagianisme, une folie induisant l’insuffisance du sacrifice du Christ doublée d’une profonde absurdité théologique. Rappelons que l’action de grâce s’effectue en l’âme non à cause de nos mérites, ou de notre activité fusse-telle de nature religieuse ou spirituelle, mais par l’effet d’un « don gratuit », c’est-à-dire d’une donation pure et entière non soumise à condition, si ce n’est celle de notre foi.

Oublier ceci c’est retomber tragiquement, tête la première, dans le légalisme judaïque. Or, par la Croix : « Nous avons été déliés de la loi, étant morts dans ce en quoi nous étions tenus » (Romains VII, 4-6), nous sommes délivrés de la puissance de la loi, et il est heureux pour nous qu’il en soit ainsi, « car tous ceux qui sont sur le principe des œuvres de loi sont sous malédiction » (Galates III, 10). Il n’y a, et d’ailleurs l’homme ne me peut pas par ses propres forces, à collaborer à notre rédemption, mais à accueillir et vivre de la grâce. Par la mort de Jésus-Christ, nous avons été délivrés pour toujours de la loi et du principe de la loi. Tel est l’enseignement, le principe de la nouvel ère inaugurée par le Christ, faisant qu’il est inutile d’attendre un « signe » de notre réconciliation qui serait le but « sublime et ultime » d’opérations provenant d’un culte ou de rites théurgiques, car ce signe, « sublime et ultime, n’est pas à chercher obscurément et désespérément derrière les fumées de cérémonies à l’origine douteuse, il barre toute l’Histoire de l’humanité de sa lumière magnifique et porte pour nous un nom, un nom connu, bienfaisant et universel : la Croix !

De ce fait, la puissance en mesure de produire le fruit de la resacralisation de la création défigurée par la chute, la force apte à régénérer l’homme, non seulement en ses premières propriétés, vertus et puissances spirituelles divines, mais en sa destination céleste déifiante, soit la grâce sanctifiante qui opéra notre réconciliation avec l’Eternel, provient, non de nous et de nos dérisoires procédés, mais d’un autre – le second Adam – qui opéra par l’esprit et nous délivra des conséquences de la chute par son sang (I Jean, 7).

Au lieu donc d’œuvrer stérilement en utilisant des artifices humains et des rituels magiques, au mieux dénués de validité et au pire dangereux, nous avons à nous confier intérieurement dans le Divin Réparateur. Plutôt que de chercher et espérer vainement des résultats hypothétiques dans des opérations matérielles, il faut que nous laissions Jésus-Christ « opérer » en nous selon l’énergie de sa puissance divine, pour purifier notre cœur et conduire nos âmes éclairées de l’éternelle lumière incréée, à l’intérieur du Saint des Saints. »

 

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Jean-Marc Vivenza, Louis-Claude de Saint-Martin et les Anges. De la théurgie des élus coëns à la doctrine angélique saint-martiniste, Editions Arma Artis, 2012, pp.103-106

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