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01/07/2013

Robert Amadou (1924-2006) : équivoque sur les "captations" d’un héritage

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« Il n’est pas, pour les gens doués d’une imagination vive, de société plus dangereuse que celle des amis du merveilleux. »



Ici, nous ne ferons que mention – car l’affaire est juridique – de la récente annonce, par Catherine Amadou, d'un acte désigné comme un vol, dont l’inestimable bibliothèque de son défunt époux aurait fait l’objet, à des fins mercantiles fort éloignées du mécénat que ce riche patrimoine aurait mérité. L’information est amplement relayée sur les réseaux sociaux et, le jeudi 27 juin, sur le blog de Serge Caillet, en des termes qui ne manqueront pas d’étonner, lorsqu’il l’intègre dans une vue combative s’attribuant l’autorité d’un héritage spirituel – l’affaire n’est alors plus matérielle – sur lequel il y aurait beaucoup à dire : « Lors de notre dernière ou avant-dernière conversation de visu en ce monde, je convainquis Robert Amadou, écrit-il, qu’un nouveau combat nous attendait, nous, quelques-uns, à qui il avait souhaité confier la relève et la parole. Et cette lutte, lui dis-je, après celle qu’il avait conduite contre tant de captations mercantiles ou universitaires, serait à mener contre les voyous qui s’accaparent l’Occulte (sic). » (Serge Caillet, « Vol de la bibliothèque de Robert Amadou », 27.06.2013)

Voilà qui fait écho à ce que nous relevions précédemment, lorsque de la plume du même "héritier", nous lisions, médusés : « Robert Amadou m’a transmis en 1994, la filiation martiniste qu’il avait lui-même reçu de Robert Ambelain sous l’occupation » (Serge Caillet et Xavier Cuvelier-Roy, Les Hommes de désir – Entretiens sur le martinisme, le Mercure Dauphinois, septembre 2012, p.130.), affirmation contestable et qui, pour le moins, aurait mérité quelques précisions efficaces, dès lors que son auteur avait fait le choix d’en assumer la divulgation.

L’élégante discrétion des témoins d’alors, qui souvent ont adopté le choix de ne pas y prêter cas, est mise à rude épreuve.

Elle se délite encore d’avantage, lorsque l’avancée des recherches met en lumière de périlleuses zones d’ombre : le site du "Philosophe inconnu", référence incontournable en ces domaines, animé avec une salutaire rigueur scientifique par Dominique Clairembault, nous propose, dans la suite de ses recherches sur  le fonds Prunelle de Lière de Grenoble, une étude capitale sur Le Traité sur les communications (15 juin 2013), qui témoigne de l’extrême défiance de Louis-Claude de Saint-Martin, vis-à-vis des pratiques magico-théurgiques des élus-coëns.

« Ce traité, est-il précisé, est en effet consacré aux "communications", c’est-à-dire aux manifestations de l’invisible, phénomènes qui devaient se produire lors des rituels élus coëns. Il souligne  les faiblesses de ces expériences et s’attache à en minimiser l’intérêt. Dès ses premières lignes on peut lire : « Il n’est pas, pour les gens doués d’une imagination vive, de société plus dangereuse que celle des amis du merveilleux. Un pareil goût est presque toujours inséparable d’un orgueil bien condamnable, puisqu’il ne porte celui qui en est obsédé à rien moins qu’à dominer dans une partie dont il n’est pas même à la porte. »

Dès lors, s’éclaire ce que le premier volet de ces études appelait comme interrogations : « En établissant l’histoire du fonds Prunelle de Lière, écrit Dominique Clairembault, nous avions également souligné les efforts faits par Robert Amadou pour occulter ces documents dont il avait à plusieurs reprises publié des fac-similés en cachant leur provenance, attitude inexplicable pour un historien par ailleurs reconnu pour le sérieux de ses travaux. Curieusement, dans les mois qui suivirent, la revue Renaissance Traditionnelle publia un article annonçant la découverte du texte dont nous signalions l’absence, la copie du Traité sur la réintégration. Cette découverte n'apportait pas hélas, de réponses aux questions soulevées par notre article. »

Les critiques de la voie magico-théurgique par Saint-Martin, ont été occultées par Robert Amadou, pour des motifs qu’il conviendra d’approfondir. Certains s’offusquent à l’entendre : « Ce n’est plus une hypothèse d’école, lit-on chez Jacques Courtois, c’est dorénavant une accusation et j’en suis vivement contrarié. »

C’est que s’éclaire d’un jour nouveau, la nature même de la transmission des filiations néo-coëns, issues de la problématique Résurgence de 1943. Au fond, la "contrariété" s’entend, puisqu’elle n’exprime que les erreurs répandues et déversées depuis des décennies, dans les consciences d’un milieu initiatique englué dans les eaux bourbeuses de la falsification historique.