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05/01/2014

Grand Prieuré des Gaules : l’injure aux "Maîtres passés"

Le débat,  qui  pourrait ne sembler qu’intéresser la maçonnerie rectifiée, occasionne, chez nos amis martinistes du Crocodile, une réponse cinglante, et méritée, à cette étonnante dérive, émanant du Grand Maître du Grand Prieuré des Gaules :

Les cahiers verts.png« Dans l’exercice de sa charge, celui qui s’autoproclame dans la revue de son obédience (Les Cahiers Verts n°8, 2013), de façon humble, « le féal de la vérité, le chevalier de la beauté, le prêtre de l’amour, le prophète de son retour» (p.11), vient de faire savoir : « Toute doctrine qui ne se discuterait pas, deviendrait par  définition un dogme (…) Willermoz, Saint-Martin et Martinez au regard du seul vrai Maître sont des «  petits maîtres» (Ibid., p. 13). »

Le Crocodile évoque le saint respect aux "Maîtres passés" de la tradition martiniste, et relève l’insultante posture de cette étrange "Obédience", à l’égard d’un patrimoine spirituel qu’elle devrait chérir, mais aussi, plus généralement,  le traitement bien peu chrétien, réservé à ceux qui ne se reconnaîtraient pas dans les débordements de celui qui, « représentant du Christ dans l’Ordre » (Les cahiers verts, p.13), les qualifie de "boucs", de "faux prophètes" (…) au "parfum de néant", exprimant des "incantations de gueux" (ibid., pp. 12-13).

A lire :

LE crocodile.jpg

Relevons que si la dérive est évidente, ce procédé, d’une commune médiocrité, et consistant à alterner les condamnations les plus virulentes et l’obséquiosité de la chaire,   n’est pas nouveau. Déjà, dans la 7ème livraison des Cahiers verts, sous la plume du même Grand Maître, étaient voués aux gémonies, les lecteurs et commentateurs de la « toile qui porte si bien son nom », « les réseaux, les blogs, tous les moyens de communication », les « tubal-outils », « l’amphithéâtre calomnieux »,  les « Dark Vador de la maçonnerie (sic) » (Cahiers verts, n°7, 2012, pp. 13-13), en bref, et au-delà de la petite nervosité syntaxique… le débat, le média, l’ennemi aux portes de la citadelle, en une délirante angoisse conspirationniste.

Souvenons-nous, aussi, et puisque le martinisme n’est pas épargné, de cette inquiétante apostrophe « à l’attention des bibliothécaires myopes », dans ces « Rumeurs et humeur » du n°6 (2011), signées d’un "Philosophie Inconnu" argumentant son héritage d’un martinisme russe, et dont les lecteurs de l’introduction à la réédition de La Science secrète des initiés de Serge Marcoutoune (Les Editions du Simorgh, sept. 2009), auront sans doute fait le lien avec son auteur.

Manifestement, l’injure est commune, dans les communications de cette Obédience qui ne se mêle des "Maîtres passés", que pour en déprécier l’héritage qui ne semble pas à la hauteur de ses Chefs.

Mais l’idée est vaine : la pensée saint-martiniste, lucide à l’égard des créatures, se désintéresse des péroraisons délirantes et des jugements circonstanciés, a fortiori lorsqu’ils émanent d’institutions, fussent-elles à prétention "initiatiques". Rien du sévère constat du premier ouvrage du théosophe d’Amboise, ne se démentirait à ce titre, lorsqu’il rappelle aux hommes leur esclavage à des institutions prétendument sacrées, et dont le lien, pourtant, a été brisé, rompu, avec « la vraie source de la puissance souveraine », et dont plus personne – et même au prix de titres dévoyés – n’a la moindre connaissance :

« Les méprises qui ont été faites sur tous ces objets, dévoileront clairement la cause de l’obscurité, de la variété et de l’incertitude qui se montrent dans tous les ouvrages des hommes, de même que dans toutes les Institutions, tant civiles que sacrées, auxquelles ils sont enchaînés ; ce qui apprendra quelle doit être la vraie source de la Puissance souveraine parmi eux, et celle de tous les droits qui constituent leurs différents établissements. » (Des erreurs et de la vérité, 1782).