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30/10/2012

"Souviens-toi de celui qui a bien voulu s'en charger et les laver dans le sang de son corps"

 

LCSM.jpg« Seigneur, comment oserais-je me regarder un instant sans frissonner d'horreur sur ma misère ! J'habite au milieu de mes propres iniquités qui sont les fruits de mes abus dans tous les genres, et qui sont devenus comme mon vêtement ; j'ai abusé de toutes mes lois, j'ai abusé de mon âme, j'ai abusé de mon esprit, j'ai abusé et j'abuse journellement de toutes les grâces que ton amour ne cesse journellement de répandre sur ton ingrate et infidèle créature. C'est à toi que je devais tout offrir et tout sacrifier, et je ne devais rien offrir au temps qui est devant tes yeux, comme les idoles, sans vie et sans intelligence, et cependant je ne cesse d'offrir tout au temps, et rien à toi ; et par là je me précipite d'avance dans l'horrible abîme de la confusion qui n'est occupée qu'au culte des idoles, et où ton nom n'est pas connu. J'ai fait comme les insensés et les ignorants du siècle qui emploient tous leurs efforts pour anéantir les redoutables arrêts de la justice, et faire en sorte que cette terre d'épreuve que nous habitons ne soit plus à leurs yeux une terre d'angoisse, de travail et de douleur. Dieu de paix, Dieu de vérité, si l'aveu de mes fautes ne suffit pas pour que tu me les remettes, souviens-toi de celui qui a bien voulu s'en charger et les laver dans le sang de son corps, de son esprit et de son amour ; il les dissipe et les efface, dès qu'il daigne en faire approcher sa parole. Comme le feu consume toutes les substances matérielles et impures, et comme ce feu qui est son image, il retourne vers toi avec son inaltérable pureté, sans conserver aucune empreinte des souillures de la terre. C'est en lui seul et par lui seul que peut se faire l'œuvre de ma purification et de ma renaissance ; c'est par lui que tu veux opérer notre guérison et notre salut, puisqu'en employant les yeux de son amour qui purifie tout, tu ne vois plus dans l'homme rien de difforme, tu n'y vois plus que cette étincelle divine qui te ressemble et que ta sainte ardeur attire perpétuellement à elle comme une propriété de ta divine source. Non, Seigneur, tu ne peux contempler que ce qui est vrai et pur comme toi ; le mal est inaccessible à ta vue suprême. Voilà pourquoi l'homme méchant est comme l'être dont tu ne te souviens plus, et que tes yeux ne sauraient fixer, puisqu'il n'a plus aucun rapport avec toi ; et voilà cependant cet abîme d'horreur où je n'ai pas craint de faire mon séjour. Il n'y a pas d'autre alternative pour l'homme : s'il n'est perpétuellement plongé dans l'abîme de ta miséricorde, c'est l'abîme du péché et de la misère qui l'inonde ; mais aussi, il n'a pas plutôt détourné son cœur et ses regards de cet abîme d'iniquité, qu'il retrouve cet océan de miséricorde dans lequel tu fais nager toutes tes créatures. C'est pourquoi je me prosternerai devant toi dans ma honte et dans le sentiment de mon opprobre ; le feu de ma douleur desséchera en moi l'abîme de mon iniquité, et alors il n'existera plus pour moi que le royaume éternel de ta miséricorde. Amen

(Louis-Claude de Saint-Martin, Prière IV)

 

24/10/2012

Le "signe" de notre réconciliation n’est pas à chercher obscurément et désespérément derrière les fumées de cérémonies à l’origine douteuse.

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« Quelle est donc la conséquence concrète de cette « réconciliation » obtenue à la Croix par le Christ qui s’offrit en sacrifice comme offrande pour nous libérer du péché de notre premier père selon la chair d’Adam ? La réponse est simple : nous permettre d’entrer dans le Sanctuaire, nous faire passer à travers le voile qui est, concrètement, la chair du Divin Réparateur, afin de nous unir à lui en sainteté : « Car par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés. C’est ce que le Saint-Esprit nous atteste également. (…) Or, là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché. Ainsi donc, frères, nous avons l’assurance d’un libre accès dans le Sanctuaire par le sang de Jésus, accès que Jésus a inauguré pour nous comme un chemin nouveau et vivant au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair ; et nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu. Approchons-nous donc d’un cœur, avec une foi pleine et entière, le cœur purifié d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’une eau pure. » (Hébreux X, 14-22).

Que peut donc bien signifier la recherche d’une réconciliation telle que proposée au sein des élus coëns par les pratiques de théurgie magique, alors que la réconciliation a déjà été « opérée » par le Christ sur la Croix ?

La réponse est évidente, et s’impose d’elle-même : cela n’a strictement aucun sens !

Aujourd’hui, il s’agit bien plutôt, pour les âmes de désir depuis l’événement du Golgotha, de vivre de la vie divine en sachant que la réconciliation est une chose qu’elles détiennent par le sang de Jésus-Christ : « Lorsque nous étions encore pêcheurs, Christ est mort pour nous. A bien plus forte raison, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à bien plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. Plus encore, nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ par qui maintenant nous avons obtenu la réconciliation. » (Romains V, 8-11).

Insistons sur le fait qu’il n’était pas possible aux hommes, au cours des âges antécédents, de se réconcilier par eux-mêmes avec Dieu, ils en étaient incapables à cause de leur déchéance et de leurs crimes : les sacrifices de l’ancienne loi ne pouvaient donc être efficaces afin de les laver du péché. Le Christ a, pour cette raison, réconcilié l’humanité entière en accomplissant ce qui ne pouvait être obtenu par personne, par aucun offrande « car il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés » (Hébreux X, 4). L’œuvre de réconciliation est de ce fait totalement accomplie, c’est une chose achevée pleinement : « Nous avons maintenant reçu la réconciliation » (Romains V, 11), et si elle est accomplie en plénitude, cela signifie qu’elle est accomplie non pour les hommes seulement, mais pour toutes choses créées : « en lui, toute la plénitude s’est plu à habiter, et par lui, à réconcilier toutes choses avec elle-même » (Colossiens I, 19-20).

La réconciliation possède à ce titre une immense portée, englobant dans son action « les choses qui sont sur la terre » et celles « qui sont dans les cieux », les choses visibles et invisibles. La réconciliation accomplie peut donc être qualifiée, à juste titre, « d’universelle ».

Et cette « réconciliation universelle », qui est tout à la fois un don parfait et une œuvre accomplie, est également un ministère, un ministère de réconciliaton qui a pour fonction d’annoncer l’œuvre réalisée par le Christ qui a libéré les hommes des prescriptions de l’ancienne alliance : « Tout cela est l’ouvre de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et qui nous a confié le ministère de la réconciliation. En effet, Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même, sans tenir compte de leurs fautes, et il a fait de nous les dépositaires du message de réconciliation. » (II Corinthiens V, 18-19).

Ainsi, soutenir que l’homme qui a foi en Jésus-Christ, après le sacrifice de la Croix, serait toujours dans une position d’être déchu, frappé par la condamnation du péché s’il ne se livrait pas à l’exercice de pratiques magiques ou théurgiques, en sous-entendant qu’il est encore contraint  de coopérer à sa rédemption par ses propres industries individuelles, est une hérésie, c’est du pur pélagianisme, une folie induisant l’insuffisance du sacrifice du Christ doublée d’une profonde absurdité théologique. Rappelons que l’action de grâce s’effectue en l’âme non à cause de nos mérites, ou de notre activité fusse-telle de nature religieuse ou spirituelle, mais par l’effet d’un « don gratuit », c’est-à-dire d’une donation pure et entière non soumise à condition, si ce n’est celle de notre foi.

Oublier ceci c’est retomber tragiquement, tête la première, dans le légalisme judaïque. Or, par la Croix : « Nous avons été déliés de la loi, étant morts dans ce en quoi nous étions tenus » (Romains VII, 4-6), nous sommes délivrés de la puissance de la loi, et il est heureux pour nous qu’il en soit ainsi, « car tous ceux qui sont sur le principe des œuvres de loi sont sous malédiction » (Galates III, 10). Il n’y a, et d’ailleurs l’homme ne me peut pas par ses propres forces, à collaborer à notre rédemption, mais à accueillir et vivre de la grâce. Par la mort de Jésus-Christ, nous avons été délivrés pour toujours de la loi et du principe de la loi. Tel est l’enseignement, le principe de la nouvel ère inaugurée par le Christ, faisant qu’il est inutile d’attendre un « signe » de notre réconciliation qui serait le but « sublime et ultime » d’opérations provenant d’un culte ou de rites théurgiques, car ce signe, « sublime et ultime, n’est pas à chercher obscurément et désespérément derrière les fumées de cérémonies à l’origine douteuse, il barre toute l’Histoire de l’humanité de sa lumière magnifique et porte pour nous un nom, un nom connu, bienfaisant et universel : la Croix !

De ce fait, la puissance en mesure de produire le fruit de la resacralisation de la création défigurée par la chute, la force apte à régénérer l’homme, non seulement en ses premières propriétés, vertus et puissances spirituelles divines, mais en sa destination céleste déifiante, soit la grâce sanctifiante qui opéra notre réconciliation avec l’Eternel, provient, non de nous et de nos dérisoires procédés, mais d’un autre – le second Adam – qui opéra par l’esprit et nous délivra des conséquences de la chute par son sang (I Jean, 7).

Au lieu donc d’œuvrer stérilement en utilisant des artifices humains et des rituels magiques, au mieux dénués de validité et au pire dangereux, nous avons à nous confier intérieurement dans le Divin Réparateur. Plutôt que de chercher et espérer vainement des résultats hypothétiques dans des opérations matérielles, il faut que nous laissions Jésus-Christ « opérer » en nous selon l’énergie de sa puissance divine, pour purifier notre cœur et conduire nos âmes éclairées de l’éternelle lumière incréée, à l’intérieur du Saint des Saints. »

 

Jean-Marc Vivenza, Louis-Claude de Saint-Martin et les Anges. De la théurgie des élus coëns à la doctrine angélique saint-martiniste, Editions Arma Artis, 2012, pp.103-106

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La "Réconciliation" a été obtenue par l’œuvre de la Croix

« Car par lui, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père dans un même Esprit. » (Ephésiens II, 13-19)

 

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« Outre que cette dite « réconciliation », du point de vue de l’économie chrétienne a déjà été obtenue depuis longtemps par le sang versé du Christ sur la Croix et qu’il semble pour le moins étrange d’engager les hommes nés, non sous la loi mosaïque mais sous l’ère de grâce, et plus encore les baptisés, dans un travail qui fut réalisé parfaitement et entièrement sur le Golgotha – sauf à en nier la pleine suffisance ce qui était bien la position de Martinès de par sa christologie inexacte, faussée, incomplète et explique la raison de ses méthodes théurgique et son souci de contribuer à réaliser cette réconciliation espérée – il n’empêche que surgit et s’impose une question grave et pour le moins sérieuse à l’égard de ce culte coën qui se résume ainsi : comment désigner une recherche de réconciliation utilisant des procédés magiques qui écartent, voire ignorent l’œuvre de la Croix ?

Rappelons, au sujet de la réconciliation, que le Christ est précisément venu dans le monde afin d’effectuer une œuvre universelle de réconciliation : « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leur faute » (II Corinthiens V, 19). La réconciliation a été fondée, selon Dieu, sur « la mort de son Fils » (Romains V, 10), mort qui fit passer la masse coupable des hommes de l’état de pécheurs à celui de justes devant le Père : « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui » (II, Corinthiens V, 21).

Ce fut une œuvre fondamentale, magnifique, miraculeuse, divine, et son prix a été celui de la douloureuse Passion du christ sur la Croix.

L’écriture précise bien que nous étions « autrefois étrangers et ennemis par nos pensées et par nos œuvres mauvaises », et avons été par Jésus-Christ « réconciliés dans le corps de sa chair, par sa mort » (Colossiens I, 21) ; c’est donc bien par la Croix que cette réconciliation a été donnée, offerte gratuitement aux hommes. Dorénavant cette réconciliation, si l’on se veut respectueux de la Sainte Ecriture, n’est absolument pas obtenue par des pratiques ou des cérémonies, elle est conférée au croyant pour qu’il puisse se tenir devant Dieu en sainteté, elle est octroyée de façon à nous purifier : « pour nous faire paraître devant lui saints, sans défaut et sans reproche » (Colossiens I, 22). Cette nouvelle position, en tant que créatures « réconciliées », nous donne ainsi d’accéder librement auprès du Père, bénéficiant de l’effet de cette sainte réconciliation par Jésus-Christ qui a pris sur lui les fautes de l’Adam déchu : « Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du christ. Car c’est lui notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, en détruisant le mur de séparation, l’inimitié. Il a dans sa chair annulé la loi avec ses commandements et leurs dispositions, pour créer en sa personne, avec les deux, un seul homme nouveau en faisant la paix, et pour les réconcilier avec Dieu tous deux en un seul corps par sa Croix, en faisant mourir par elle l’inimitié. Il est venu annoncer comme une bonne nouvelle, la paix à vous qui étiez loin et la paix à ceux qui étaient proches ; car par lui, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père dans un même Esprit. » (Ephésiens II, 13-19). Par le corps du Christ nous sommes dès lors héritiers de la vie éternelle et bénéficiaires de la réconciliation. L’œuvre de la Croix, qui a réalisé notre réconciliation, est de ce point de vue une œuvre complète, universelle et absolument parfaite. »

 

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Jean-Marc Vivenza, Louis-Claude de Saint-Martin et les Anges. De la théurgie des élus coëns à la doctrine angélique saint-martiniste, Editions Arma Artis, 2012, pp.101-102.

 

23/10/2012

"Les circonférences où séjournent les habitants obscurs"

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Photo tirée du film "Le martinisme, des origines à nos jours", de Laurent Germain Maury, Mercure production, sur www.martiniste.org


« Cette autorité perdue, il convient d’en être convaincu, nous en sommes de nouveau détenteurs ; mais comme tout est mixte ici-bas, les ténèbres se mêlent au lumineux et nous sommes entraînés par l’ennemi vers les domaines étrangers, et ceci malgré nous, par delà notre volonté, car pour l’heure l’état passif de nos facultés ne nous permet pas de pouvoir nous libérer des attractions des cultes sensibles, et ne nous protège pas suffisamment pour nous autoriser imprudemment à nous risquer, avec une folle témérité et un orgueil insensé, dans les circonférences où nous ne maîtrisons en rien les habitants obscurs qui y séjournent déguisés, le plus souvent pour ne pas dire constamment, sous le voile de la trompeuse blancheur.

(…) nos imprudences nous plongent, en effet, perpétuellement dans les sombres abîmes des terres étrangères qui nous conduisent inexorablement vers la mort et la ruine, nous portent à faire brûler et inhaler les parfums viciés qui, radicalement, c’est-à-dire à la racine, tuent en nous l’esprit régénérateur pour y substituer la triste imitation de la vérité : " (…) Pour peu que nous nous prêtions à cette faiblesse secrète, qui nous porte tous à chercher hors de nous les appuis que nous ne pouvons trouver qu’en nous et pour peu que nous cessions d’être aussi naturels, aussi vrais et simples que des enfants au milieu des faveurs supérieures, qui nous sont encore quelquefois accordées ici-bas et aux missions spirituelles et divines dont il nous est possible d’être chargés, dès l’instant le principe des ténèbres nous aide lui-même à nous jeter de plus en plus dans ces régions extérieures. " (Louis-Claude de Saint-Martin, Ecce Home § 4). »

Jean-Marc Vivenza, Louis-Claude de Saint-Martin et les Anges. De la théurgie des élus coëns à la doctrine angélique saint-martiniste, Editions Arma Artis, 2012, pp.83-84

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Robert Amadou : « Saint-Martin était plus chrétien que Martinès »

 

« Saint-Martin était plus chrétien que Martinès, voilà le nœud. Martinès l’était sans doute moins qu’il ne le déclarait et même qu’il ne le croyait ; Saint-Martin plus traditionnellement qu’il ne le confessait (je restreins mon propos à la christologie). Parce qu’il sent Jésus-Christ comme dieu, seigneur et Sauveur, il éprouve que le chemin direct, dont il privilégie le couloir théosophique, le seul peut-être qui atteigne le but, est devenu accessible à certains et que l’homme-esprit reçoit l’onction sacerdotale, selon l’esprit précisément qui seul importe puisque l’alliance a été rétablie. Par la prière, acte de la théurgie suprême, l’homme s’élève aux sphères supérieures dont les sphères visibles ne sont que les simulacres et dont le mouvement dirigé selon des lois et des rapports inaltérables enfante l’harmonie, et transmet les accords divins à l’universalité des êtres. Par la prière, l’homme tire Dieu de sa propre contemplation, il le réveille. Par la prière, l’homme communique avec Dieu… »

Robert Amadou, Préface in L.-C. de Saint-Martin, L’homme de désir, p.13.

22/10/2012

L’Ordre des élus coëns a disparu en 1781

 

« Satan lui-même se déguise en ange de lumière. » (II Corinthiens 11, 14)

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« L’Ordre qui encadrait et disait « protéger » les pratiques des élus coëns dans leur forme originelle, a disparu officiellement de la scène de l’Histoire en 1781 lorsque le deuxième successeur de Martinès, Sébastien Las Casas – qui remettra finalement en 1784, dans l’acte ultime du dernier Grand Souverain des coëns, l’ensemble des archives de l’Ordre aux Philalèthes – décida de la fermeture des derniers Temples encore en activité. De ce fait, et par-delà le caractère plus que problématique du culte magico-théurgique enseigné par Martinès à ses émules, les « néo-coëns » de désir actuels – se rattachant à l’une des deux branches des initiatives de résurgences contemporaines effectuées par Jean Bricaud (+1934) & Georges Bogé de Lagrèze (+1946) au XXe siècle sur lesquelles il y aurait beaucoup à dire – dénués de tous liens effectifs de transmission avec l’Ordre de Martinès, « opèrent » donc en l’absence de tout cadre protecteur du strict point de vue des critères initiatiques concrets, sachant que contrairement à ce que beaucoup imaginent, l’idée de succession légitime n’est pas un concept « guénonien », mais une notion traditionnelle commune aux sociétés initiatiques et à l’Eglise (saint Irénée [+202] et saint Hippolyte [+235] la défendent constamment) (…). »

Jean-Marc Vivenza, Louis-Claude de Saint-Martin et les Anges. De la théurgie des élus coëns à la doctrine angélique saint-martiniste, Editions Arma Artis, 2012, pp.42.

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