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30/10/2012

"Souviens-toi de celui qui a bien voulu s'en charger et les laver dans le sang de son corps"

 

LCSM.jpg« Seigneur, comment oserais-je me regarder un instant sans frissonner d'horreur sur ma misère ! J'habite au milieu de mes propres iniquités qui sont les fruits de mes abus dans tous les genres, et qui sont devenus comme mon vêtement ; j'ai abusé de toutes mes lois, j'ai abusé de mon âme, j'ai abusé de mon esprit, j'ai abusé et j'abuse journellement de toutes les grâces que ton amour ne cesse journellement de répandre sur ton ingrate et infidèle créature. C'est à toi que je devais tout offrir et tout sacrifier, et je ne devais rien offrir au temps qui est devant tes yeux, comme les idoles, sans vie et sans intelligence, et cependant je ne cesse d'offrir tout au temps, et rien à toi ; et par là je me précipite d'avance dans l'horrible abîme de la confusion qui n'est occupée qu'au culte des idoles, et où ton nom n'est pas connu. J'ai fait comme les insensés et les ignorants du siècle qui emploient tous leurs efforts pour anéantir les redoutables arrêts de la justice, et faire en sorte que cette terre d'épreuve que nous habitons ne soit plus à leurs yeux une terre d'angoisse, de travail et de douleur. Dieu de paix, Dieu de vérité, si l'aveu de mes fautes ne suffit pas pour que tu me les remettes, souviens-toi de celui qui a bien voulu s'en charger et les laver dans le sang de son corps, de son esprit et de son amour ; il les dissipe et les efface, dès qu'il daigne en faire approcher sa parole. Comme le feu consume toutes les substances matérielles et impures, et comme ce feu qui est son image, il retourne vers toi avec son inaltérable pureté, sans conserver aucune empreinte des souillures de la terre. C'est en lui seul et par lui seul que peut se faire l'œuvre de ma purification et de ma renaissance ; c'est par lui que tu veux opérer notre guérison et notre salut, puisqu'en employant les yeux de son amour qui purifie tout, tu ne vois plus dans l'homme rien de difforme, tu n'y vois plus que cette étincelle divine qui te ressemble et que ta sainte ardeur attire perpétuellement à elle comme une propriété de ta divine source. Non, Seigneur, tu ne peux contempler que ce qui est vrai et pur comme toi ; le mal est inaccessible à ta vue suprême. Voilà pourquoi l'homme méchant est comme l'être dont tu ne te souviens plus, et que tes yeux ne sauraient fixer, puisqu'il n'a plus aucun rapport avec toi ; et voilà cependant cet abîme d'horreur où je n'ai pas craint de faire mon séjour. Il n'y a pas d'autre alternative pour l'homme : s'il n'est perpétuellement plongé dans l'abîme de ta miséricorde, c'est l'abîme du péché et de la misère qui l'inonde ; mais aussi, il n'a pas plutôt détourné son cœur et ses regards de cet abîme d'iniquité, qu'il retrouve cet océan de miséricorde dans lequel tu fais nager toutes tes créatures. C'est pourquoi je me prosternerai devant toi dans ma honte et dans le sentiment de mon opprobre ; le feu de ma douleur desséchera en moi l'abîme de mon iniquité, et alors il n'existera plus pour moi que le royaume éternel de ta miséricorde. Amen

(Louis-Claude de Saint-Martin, Prière IV)

 

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24/10/2012

Le "signe" de notre réconciliation n’est pas à chercher obscurément et désespérément derrière les fumées de cérémonies à l’origine douteuse.

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« Quelle est donc la conséquence concrète de cette « réconciliation » obtenue à la Croix par le Christ qui s’offrit en sacrifice comme offrande pour nous libérer du péché de notre premier père selon la chair d’Adam ? La réponse est simple : nous permettre d’entrer dans le Sanctuaire, nous faire passer à travers le voile qui est, concrètement, la chair du Divin Réparateur, afin de nous unir à lui en sainteté : « Car par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés. C’est ce que le Saint-Esprit nous atteste également. (…) Or, là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché. Ainsi donc, frères, nous avons l’assurance d’un libre accès dans le Sanctuaire par le sang de Jésus, accès que Jésus a inauguré pour nous comme un chemin nouveau et vivant au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair ; et nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu. Approchons-nous donc d’un cœur, avec une foi pleine et entière, le cœur purifié d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’une eau pure. » (Hébreux X, 14-22).

Que peut donc bien signifier la recherche d’une réconciliation telle que proposée au sein des élus coëns par les pratiques de théurgie magique, alors que la réconciliation a déjà été « opérée » par le Christ sur la Croix ?

La réponse est évidente, et s’impose d’elle-même : cela n’a strictement aucun sens !

 

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Photo tirée du film Le martinisme, des origines à nos jours, de Laurent Germain Maury, Mercure production, sur www.martiniste.org

Aujourd’hui, il s’agit bien plutôt, pour les âmes de désir depuis l’événement du Golgotha, de vivre de la vie divine en sachant que la réconciliation est une chose qu’elles détiennent par le sang de Jésus-Christ : « Lorsque nous étions encore pêcheurs, Christ est mort pour nous. A bien plus forte raison, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à bien plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. Plus encore, nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ par qui maintenant nous avons obtenu la réconciliation. » (Romains V, 8-11).

Insistons sur le fait qu’il n’était pas possible aux hommes, au cours des âges antécédents, de se réconcilier par eux-mêmes avec Dieu, ils en étaient incapables à cause de leur déchéance et de leurs crimes : les sacrifices de l’ancienne loi ne pouvaient donc être efficaces afin de les laver du péché. Le Christ a, pour cette raison, réconcilié l’humanité entière en accomplissant ce qui ne pouvait être obtenu par personne, par aucun offrande « car il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés » (Hébreux X, 4). L’œuvre de réconciliation est de ce fait totalement accomplie, c’est une chose achevée pleinement : « Nous avons maintenant reçu la réconciliation » (Romains V, 11), et si elle est accomplie en plénitude, cela signifie qu’elle est accomplie non pour les hommes seulement, mais pour toutes choses créées : « en lui, toute la plénitude s’est plu à habiter, et par lui, à réconcilier toutes choses avec elle-même » (Colossiens I, 19-20).

La réconciliation possède à ce titre une immense portée, englobant dans son action « les choses qui sont sur la terre » et celles « qui sont dans les cieux », les choses visibles et invisibles. La réconciliation accomplie peut donc être qualifiée, à juste titre, « d’universelle ».

Et cette « réconciliation universelle », qui est tout à la fois un don parfait et une œuvre accomplie, est également un ministère, un ministère de réconciliaton qui a pour fonction d’annoncer l’œuvre réalisée par le Christ qui a libéré les hommes des prescriptions de l’ancienne alliance : « Tout cela est l’ouvre de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et qui nous a confié le ministère de la réconciliation. En effet, Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même, sans tenir compte de leurs fautes, et il a fait de nous les dépositaires du message de réconciliation. » (II Corinthiens V, 18-19).

Ainsi, soutenir que l’homme qui a foi en Jésus-Christ, après le sacrifice de la Croix, serait toujours dans une position d’être déchu, frappé par la condamnation du péché s’il ne se livrait pas à l’exercice de pratiques magiques ou théurgiques, en sous-entendant qu’il est encore contraint  de coopérer à sa rédemption par ses propres industries individuelles, est une hérésie, c’est du pur pélagianisme, une folie induisant l’insuffisance du sacrifice du Christ doublée d’une profonde absurdité théologique. Rappelons que l’action de grâce s’effectue en l’âme non à cause de nos mérites, ou de notre activité fusse-telle de nature religieuse ou spirituelle, mais par l’effet d’un « don gratuit », c’est-à-dire d’une donation pure et entière non soumise à condition, si ce n’est celle de notre foi.

Oublier ceci c’est retomber tragiquement, tête la première, dans le légalisme judaïque. Or, par la Croix : « Nous avons été déliés de la loi, étant morts dans ce en quoi nous étions tenus » (Romains VII, 4-6), nous sommes délivrés de la puissance de la loi, et il est heureux pour nous qu’il en soit ainsi, « car tous ceux qui sont sur le principe des œuvres de loi sont sous malédiction » (Galates III, 10). Il n’y a, et d’ailleurs l’homme ne me peut pas par ses propres forces, à collaborer à notre rédemption, mais à accueillir et vivre de la grâce. Par la mort de Jésus-Christ, nous avons été délivrés pour toujours de la loi et du principe de la loi. Tel est l’enseignement, le principe de la nouvel ère inaugurée par le Christ, faisant qu’il est inutile d’attendre un « signe » de notre réconciliation qui serait le but « sublime et ultime » d’opérations provenant d’un culte ou de rites théurgiques, car ce signe, « sublime et ultime, n’est pas à chercher obscurément et désespérément derrière les fumées de cérémonies à l’origine douteuse, il barre toute l’Histoire de l’humanité de sa lumière magnifique et porte pour nous un nom, un nom connu, bienfaisant et universel : la Croix !

De ce fait, la puissance en mesure de produire le fruit de la resacralisation de la création défigurée par la chute, la force apte à régénérer l’homme, non seulement en ses premières propriétés, vertus et puissances spirituelles divines, mais en sa destination céleste déifiante, soit la grâce sanctifiante qui opéra notre réconciliation avec l’Eternel, provient, non de nous et de nos dérisoires procédés, mais d’un autre – le second Adam – qui opéra par l’esprit et nous délivra des conséquences de la chute par son sang (I Jean, 7).

Au lieu donc d’œuvrer stérilement en utilisant des artifices humains et des rituels magiques, au mieux dénués de validité et au pire dangereux, nous avons à nous confier intérieurement dans le Divin Réparateur. Plutôt que de chercher et espérer vainement des résultats hypothétiques dans des opérations matérielles, il faut que nous laissions Jésus-Christ « opérer » en nous selon l’énergie de sa puissance divine, pour purifier notre cœur et conduire nos âmes éclairées de l’éternelle lumière incréée, à l’intérieur du Saint des Saints. »

 

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Jean-Marc Vivenza, Louis-Claude de Saint-Martin et les Anges. De la théurgie des élus coëns à la doctrine angélique saint-martiniste, Editions Arma Artis, 2012, pp.103-106

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La "Réconciliation" a été obtenue par l’œuvre de la Croix

« Car par lui, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père dans un même Esprit. » (Ephésiens II, 13-19)

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« Outre que cette dite « réconciliation », du point de vue de l’économie chrétienne a déjà été obtenue depuis longtemps par le sang versé du Christ sur la Croix et qu’il semble pour le moins étrange d’engager les hommes nés, non sous la loi mosaïque mais sous l’ère de grâce, et plus encore les baptisés, dans un travail qui fut réalisé parfaitement et entièrement sur le Golgotha – sauf à en nier la pleine suffisance ce qui était bien la position de Martinès de par sa christologie inexacte, faussée, incomplète et explique la raison de ses méthodes théurgique et son souci de contribuer à réaliser cette réconciliation espérée – il n’empêche que surgit et s’impose une question grave et pour le moins sérieuse à l’égard de ce culte coën qui se résume ainsi : comment désigner une recherche de réconciliation utilisant des procédés magiques qui écartent, voire ignorent l’œuvre de la Croix ?

Rappelons, au sujet de la réconciliation, que le Christ est précisément venu dans le monde afin d’effectuer une œuvre universelle de réconciliation : « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leur faute » (II Corinthiens V, 19). La réconciliation a été fondée, selon Dieu, sur « la mort de son Fils » (Romains V, 10), mort qui fit passer la masse coupable des hommes de l’état de pécheurs à celui de justes devant le Père : « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui » (II, Corinthiens V, 21).

Ce fut une œuvre fondamentale, magnifique, miraculeuse, divine, et son prix a été celui de la douloureuse Passion du christ sur la Croix.

L’écriture précise bien que nous étions « autrefois étrangers et ennemis par nos pensées et par nos œuvres mauvaises », et avons été par Jésus-Christ « réconciliés dans le corps de sa chair, par sa mort » (Colossiens I, 21) ; c’est donc bien par la Croix que cette réconciliation a été donnée, offerte gratuitement aux hommes. Dorénavant cette réconciliation, si l’on se veut respectueux de la Sainte Ecriture, n’est absolument pas obtenue par des pratiques ou des cérémonies, elle est conférée au croyant pour qu’il puisse se tenir devant Dieu en sainteté, elle est octroyée de façon à nous purifier : « pour nous faire paraître devant lui saints, sans défaut et sans reproche » (Colossiens I, 22). Cette nouvelle position, en tant que créatures « réconciliées », nous donne ainsi d’accéder librement auprès du Père, bénéficiant de l’effet de cette sainte réconciliation par Jésus-Christ qui a pris sur lui les fautes de l’Adam déchu : « Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du christ. Car c’est lui notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, en détruisant le mur de séparation, l’inimitié. Il a dans sa chair annulé la loi avec ses commandements et leurs dispositions, pour créer en sa personne, avec les deux, un seul homme nouveau en faisant la paix, et pour les réconcilier avec Dieu tous deux en un seul corps par sa Croix, en faisant mourir par elle l’inimitié. Il est venu annoncer comme une bonne nouvelle, la paix à vous qui étiez loin et la paix à ceux qui étaient proches ; car par lui, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père dans un même Esprit. » (Ephésiens II, 13-19). Par le corps du Christ nous sommes dès lors héritiers de la vie éternelle et bénéficiaires de la réconciliation. L’œuvre de la Croix, qui a réalisé notre réconciliation, est de ce point de vue une œuvre complète, universelle et absolument parfaite. »

 

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Jean-Marc Vivenza, Louis-Claude de Saint-Martin et les Anges. De la théurgie des élus coëns à la doctrine angélique saint-martiniste, Editions Arma Artis, 2012, pp.101-102.

 

23/10/2012

"Les circonférences où séjournent les habitants obscurs"

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Photo tirée du film Le martinisme, des origines à nos jours, de Laurent Germain Maury, Mercure production, sur www.martiniste.org


« Cette autorité perdue, il convient d’en être convaincu, nous en sommes de nouveau détenteurs ; mais comme tout est mixte ici-bas, les ténèbres se mêlent au lumineux et nous sommes entraînés par l’ennemi vers les domaines étrangers, et ceci malgré nous, par delà notre volonté, car pour l’heure l’état passif de nos facultés ne nous permet pas de pouvoir nous libérer des attractions des cultes sensibles, et ne nous protège pas suffisamment pour nous autoriser imprudemment à nous risquer, avec une folle témérité et un orgueil insensé, dans les circonférences où nous ne maîtrisons en rien les habitants obscurs qui y séjournent déguisés, le plus souvent pour ne pas dire constamment, sous le voile de la trompeuse blancheur.

(…) nos imprudences nous plongent, en effet, perpétuellement dans les sombres abîmes des terres étrangères qui nous conduisent inexorablement vers la mort et la ruine, nous portent à faire brûler et inhaler les parfums viciés qui, radicalement, c’est-à-dire à la racine, tuent en nous l’esprit régénérateur pour y substituer la triste imitation de la vérité : " (…) Pour peu que nous nous prêtions à cette faiblesse secrète, qui nous porte tous à chercher hors de nous les appuis que nous ne pouvons trouver qu’en nous et pour peu que nous cessions d’être aussi naturels, aussi vrais et simples que des enfants au milieu des faveurs supérieures, qui nous sont encore quelquefois accordées ici-bas et aux missions spirituelles et divines dont il nous est possible d’être chargés, dès l’instant le principe des ténèbres nous aide lui-même à nous jeter de plus en plus dans ces régions extérieures. " (Louis-Claude de Saint-Martin, Ecce Home § 4). »

Jean-Marc Vivenza, Louis-Claude de Saint-Martin et les Anges. De la théurgie des élus coëns à la doctrine angélique saint-martiniste, Editions Arma Artis, 2012, pp.83-84

 

Robert Amadou : « Saint-Martin était plus chrétien que Martinès »

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« Saint-Martin était plus chrétien que Martinès, voilà le nœud. Martinès l’était sans doute moins qu’il ne le déclarait et même qu’il ne le croyait ; Saint-Martin plus traditionnellement qu’il ne le confessait (je restreins mon propos à la christologie). Parce qu’il sent Jésus-Christ comme dieu, seigneur et Sauveur, il éprouve que le chemin direct, dont il privilégie le couloir théosophique, le seul peut-être qui atteigne le but, est devenu accessible à certains et que l’homme-esprit reçoit l’onction sacerdotale, selon l’esprit précisément qui seul importe puisque l’alliance a été rétablie. Par la prière, acte de la théurgie suprême, l’homme s’élève aux sphères supérieures dont les sphères visibles ne sont que les simulacres et dont le mouvement dirigé selon des lois et des rapports inaltérables enfante l’harmonie, et transmet les accords divins à l’universalité des êtres. Par la prière, l’homme tire Dieu de sa propre contemplation, il le réveille. Par la prière, l’homme communique avec Dieu… »

Robert Amadou, Préface in L.-C. de Saint-Martin, L’homme de désir, p.13.

22/10/2012

L’Ordre des élus coëns a disparu en 1781

 

« Satan lui-même se déguise en ange de lumière. » (II Corinthiens 11, 14)

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« L’Ordre qui encadrait et disait « protéger » les pratiques des élus coëns dans leur forme originelle, a disparu officiellement de la scène de l’Histoire en 1781 lorsque le deuxième successeur de Martinès, Sébastien Las Casas – qui remettra finalement en 1784, dans l’acte ultime du dernier Grand Souverain des coëns, l’ensemble des archives de l’Ordre aux Philalèthes – décida de la fermeture des derniers Temples encore en activité. De ce fait, et par-delà le caractère plus que problématique du culte magico-théurgique enseigné par Martinès à ses émules, les « néo-coëns » de désir actuels – se rattachant à l’une des deux branches des initiatives de résurgences contemporaines effectuées par Jean Bricaud (+1934) & Georges Bogé de Lagrèze (+1946) au XXe siècle sur lesquelles il y aurait beaucoup à dire – dénués de tous liens effectifs de transmission avec l’Ordre de Martinès, « opèrent » donc en l’absence de tout cadre protecteur du strict point de vue des critères initiatiques concrets, sachant que contrairement à ce que beaucoup imaginent, l’idée de succession légitime n’est pas un concept « guénonien », mais une notion traditionnelle commune aux sociétés initiatiques et à l’Eglise (saint Irénée [+202] et saint Hippolyte [+235] la défendent constamment) (…). »

Jean-Marc Vivenza, Louis-Claude de Saint-Martin et les Anges. De la théurgie des élus coëns à la doctrine angélique saint-martiniste, Editions Arma Artis, 2012, pp.42.


19/10/2012

Aristide Ahouandjinou (Aniel), Supérieur Inconnu - Grand Initiateur

« Il faut nous préparer, à chaque instant de nos vies, à gravir l’échelle de perfection. » (Aristide Ahouandjinou)

2672180915.jpgNous reproduisons ici le récent hommage, rendu à Aristide Ahouandjinou (1926-2009), personnage majeur du martinisme contemporain, si emblématique de la figure angélique d’Aniel - qui en était la référence tutélaire - et dont les bénéfices continuent de se répandre, aujourd’hui encore, chez ceux qui, parmi les hommes de désir, en ont reçu la charge peu commune d’en assurer la transmission.

Notre regretté Frère Aristide Ahouandjinou, que nous chérissions et regardions comme un authentique sage et un maître authentique,  était né  à Covè en Janvier 1926. Marié, père de 6 enfants, il fit ses études primaires, de 1934 à 1942, à Abomey, l'ancienne et célèbre capitale du grand royaume du Dahomey [1], où il obtiendra son certificat d’études primaires élémentaires. De  1943 à 1946, il se forma à la carrière d’enseignant à l’Ecole Normale de Darbou en Côte d’Ivoire, carrière à laquelle il souhaitait se destiner. Dès 1946, il commencera sa vie professionnelle d’instituteur , métier qu’il exerça avec un investissement et une foi véritable, ce qui lui vaudra d’être nommé, par la suite, directeur d’établissement scolaire.

Par delà cette activité professionnelle éducative et pédagogique qu’il exercera avec grand cœur et une immense générosité, il fut nommé, remarqué par ses dons et son sens aigu de l’analyse, en 1961, sous-préfet adjoint de Zangnanado, puis fut appelé à une tâche de choix et d’excellence, puisque désigné comme Directeur de Cabinet de feu le 1er Président du Dahomey, Monsieur Sourou Migan Apithy.

Du point de vue initiatique, domaine où il s’investira avec constant enthousiasme et une conviction jamais démentie, la vie de notre Frère Aristide sera non moins intense et riche. Initié le 14 avril 1968 à la Respectable Loge « La Solidarité » à l’Orient de Cotonou, il est, le 23 février 1971, reçu Compagnon par cette même Loge, puis, le 27 juin 1972, élevé comme Maître Maçon au sein de la Respectable Loge « La Justice ».

Membre fondateur de plusieurs loges qui bénéficièrent de ses précieuses lumières et de son savoir, il faut souligner, et surtout insister sur ce qui deviendra l’un des éléments principaux de sa vie initiatique et spirituelle, soit son investissement à l’intérieur de la voie Martiniste, telle que définie et tracée par Louis-Claude de Saint-Martin, le Philosophe Inconnu, puis réveillée en 1887 par  le Dr Gérard Encausse, plus connu sous le nom de Papus (1865-1916).

Il entre comme Associé dans l’Ordre martiniste à Abidjan en 1960, et fut reçu Supérieur Inconnu en 1962, puis Supérieur Inconnu Initiateur en 1963. Il choisira comme nomen, c’est-à-dire comme non initiatique Martiniste, celui d’Aniel [2], nom angélique hautement significatif, puisque le 37e dans la liste des 72 anges de l’angélologie traditionnelle , celui qui, du choeur des « Puissances », s'incarne dans notre monde visible en symbolisant le courage et l'inspiration d'origine divine afin d’aider à l'étude des lois de l'univers, et accorde à celui qui l’invoque la connaissance des secrets de la nature tout en lui conférant une force morale qui se révèle surtout dans l'action, s’imposant par sa dignité et une maîtrise de lui-même et des situations qui suscitent un immédiat respect.

A ce titre, et de façon incontestable, il est évident que notre Frère Aristide, par sa sagesse, sa prudence, sa docte science, correspondra de façon étonnante aux qualités propres qui étaient celles de l’Ange tutélaire dont il portait magnifiquement le nom, et dont tous ceux qui eurent la chance et le bonheur de le côtoyer peuvent témoigner unanimement.

Après un intense et fructueux parcours Martiniste, il fut solennellement consacré, selon les usages vénérables, le 28 février 1973, Supérieur Inconnu Grand Initiateur (S.I.+G.I.), dans l’Ordre Martiniste de Philippe Encausse (1906-1984), fils de Papus, ultime et dernier degré de cette voie cardiaque et intérieure, faite de silence, d’humilité et de prière. Placé, par Philippe Encausse, le 18 juillet 1976, comme membre d’Honneur du Suprême Conseil Martiniste, aux côtés de Serge Hutin, d’Emilio Lorenzo, Charles Pidoux, Jean Servier et Robert Amadou, il sera de plus institué, insigne distinction, Grand Maître du Martinisme pour l’Afrique de l’Ouest.

Par ailleurs Réaux Croix de l’Ordre des Chevaliers Maçon élus coëns de l’Univers, Ivan Mosca l’ayant admis en septembre 2001 à Licenza près Rome dans ses circonférences, il était également membre du Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté de l’Afrique de l’Ouest.

Nous conserverons de notre Frère Aristide Ahouandjinou, à titre personnel, la mémoire d’un homme d’une immense bonté naturelle, d’une gentillesse touchante, d’une grande douceur  ; d’un être doté d’une qualité d’écoute rare et quasi inépuisable, ainsi capable d’entendre, et partager pendant des heures, dans le secret le plus sensible des cœurs - reprenant comme lui seul savait le faire les fins de phrases de ses interlocuteur pour leur conférer un sens non entrevu - des trésors spirituels difficilement exprimables car relevant de l’ineffable essence des choses subtiles.

L’âme constamment tournée vers le Ciel, Aristide, en disciple de Saint-Martin, Maître Vénéré qu’il chérissait d’un amour sans égal, avait déjà établi, et ce depuis de longues années, son séjour dans l’invisible, lieu qui était devenu sa résidence habituelle et l’objet de tous ses espoirs en ce monde.

Aristide avait fait de « l’Echelle de Jacob » un référent initiatique, la base de ses méditations et de ses réflexions spirituelles. Il pensait souvent, en se référant à l’Echelle du Patriarche biblique, au mystère de la remontée de l’âme vers le Ciel, se dégageant des vapeurs de la matière, persuadé que tous nous attendait l’ultime remontée vers la région céleste et qu’il fallait, à chaque instant de nos vies, nous préparer à gravir le chemin de perfection.

Nous oserions dire de notre Frère, qui portait le prénom traditionnel emblématique de "SOMAKOU" - c'est-à-dire "le Rocher ne meurt pas", et le nomen initiatique d’ANIEL, qu’il « conversait naturellement avec les Anges », plus que jamais conscient au cours de son existence que la Parole de Dieu est portée par les esprits angéliques [3], et qu’il importe, dès lors, pour chaque homme de désir, d’être constamment à l’écoute de la Parole Divine dans l’exercice, fondamental s’il en est, de la prière et de la perpétuelle louange du Nom du Divin Réparateur le Messie YHSWH.   

« Nous n'avons autre chose à faire que de ne pas mettre obstacle aux progrès  et aux approches de l'Esprit sur nous. » (Louis-Claude de Saint-Martin, Leçon de Lyon n°96, 10 avril 1776)

Zacharie +  

Notes

1. De 1625 à 1900, douze rois se succédèrent à la tête du puissant royaume d'Abomey. A l'exception du roi Akaba, qui utilisa un enclos distinct, chacun fit édifier son palais à l'intérieur d'un enclos entouré de murs de pisé tout en conservant certaines caractéristiques de l'architecture des palais précédents dans l'organisation de l'espace et le choix des matériaux. Les palais d'Abomey fournissent un témoignage exceptionnel sur un royaume disparu.

2. Aniel est un nom angéliquecomposé à l’aide des lettres Aleph Noun Yod. Le Aleph provient de (Exode XIV, 19) : « L'ange de Dieu, qui allait devant le camp d'Israël, partit et alla derrière eux ». Le Noun provient de (Exode XIV, 20) : « Cette nuée était ténébreuse d'un côté, et de l'autre elle éclairait la nuit ». Le Yod provient de (Exode XIV, 21) : « Et l'Éternel refoula la mer par un vent d'orient ». Rappelons d’autre part que l’Angéologie traditionnelle et les Noms des 72 Anges qui en sont issus, proviennent d’un extrait de l’Exode (XIV, 19-21), qui décrit la traversée de la Mer Rouge avant la réception par Moïse des 10 Commandements. Ces trois versets de l’Exode, sont composés chacun de soixante douze lettres qui, prisent en associant chaque lettre du premier verset à une lettre des deux autres versets, nous donnent les noms des soixante-douze Anges. Certes, le nombre réel des anges est de loin bien supérieur à 72, car leur nombre est infini, mais on retiendra que chacun de 72 anges représente des manifestations divines qui furent classées ensuite en Ordres hiérarchiques par les Pères de l’Eglise :

SERAPHINS

CHERUBINS

TRONES

DOMINATIONS

PUISSANCES

VERTUS

PRINCIPAUTES

ARCHANGES

ANGES

3. N’oublions pas que les Anges, intimement attachés à Dieu, furent les premiers esprits crées lors du premier jour de la Genèse, et qu’ils entretiennent donc une relation extrêmement étroite avec l’Eternel. En effet, du latin angelus, transcription du grec aggelos (messager), « Ange » traduit l’hébreu maleak qui signifie (« messager » [de Dieu]). De ce fait, le nom des Anges n’est pas un nom naturel mais un nom surnaturel, un nom correspondant à une fonction au sein de la cour céleste, les Anges étant en premier lieu, comme le dira saint Augustin : « des esprits destinés à servir, envoyés en mission pour le bien de ceux qui doivent hériter du salut », rajoutant : « les anges sont des esprits, mais ce n’est pas parce qu’ils sont des esprits qu’ils sont des anges. Ils deviennent des anges quand ils sont envoyés en mission. En effet, le nom d’ange fait référence à leur fonction et non à leur nature. Si vous voulez savoir le nom de leur nature, ce sont des esprits ; si vous voulez savoir le nom de leur fonction, ce sont des anges, ce qui signifie messager. » (S. Augustin, La Cité de Dieu, liv. X, le culte de lâtrie).

 

18/10/2012

La doctrine de la réintégration des êtres

2337174499.jpg(Présentation extraite du site de l'éditeur )

Pour appréhender véritablement les enjeux de cette réflexion doctrinale importante s'il en est, il convient de clarifier deux points principaux relatifs à la sensibilité en effet « origéniste » qui fut partagée par Martinès de Pasqually (+ 1774), Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803) et Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), de sorte que nous puissions comprendre en quoi l'adhésion à leur doctrine représente, non une option du point de vue initiatique lorsqu'on est membre de ses voies, mais relève d'un enseignement spirituel auquel il est nécessaire d'adhérer, faute de quoi on se met soi-même en dehors des critères d'appartenance des Ordres dont le rôle est de préserver les éléments doctrinaux établis par leurs fondateurs.

Ainsi les trois études que nous publions touchant à la doctrine de la matière telle que soutenue par Martinès, Saint-Martin et Willermoz, font apparaître des thèses audacieuses relevant du « mysticisme spéculatif », rendant évidentes des distances importantes avec l'enseignement des confessions chrétiennes, ce qui n'a rien de surprenant au regard des idées du courant illuministe qu'il nous faut considérer et admettre pour ce qu'il est, à savoir une voie initiatique extra ecclésiale possédant son originalité et ses sources propres. Ces études ont pour but de susciter une certaine réaction et provoquer chez le lecteur, en quelque sorte, une interrogation salutaire en forme de choc, puisqu'une tendance se manifeste de façon de plus en plus insistante, en l'écrivant et le faisant savoir, visant à récuser les positions de l'illuminisme et à les désigner comme des déviances théologiques et des hérésies dualistes. Nous avons donc jugé qu'il était temps de réagir en exposant les fondements théoriques de ces courants relatifs à la doctrine de la réintégration, avant que n'advienne une incompréhension générale en forme de rejet à l'égard de la doctrine initiatique que véhicule les structures issues de la pensée martinésienne.

 

  • TitreLa doctrine de la réintégration des êtres
  • Auteur : J-M.Vivenza
  • Nb. pages: 232 pages
  • N° ISBN : 978-2-36353-018-9
  • Prix public : 31€
  • Poids : 410 g.
  • N°ISBN/ePub : N.A
  • Date édition : La Pierre Philosophale (2012) - actuellement en souscription jusqu'au 22 octobre - disponibilité novembre 2012  (tirage limité et numéroté)

 

10/10/2012

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